
by Tony Nardi
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LETTER ONE
(Film Version in English)
February 20, 2011 at 14:30 (2:30PM) at the ONF/NFB Cinema
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Théâtre - Élever le ton pour élever le débat
Édition du jeudi 03 septembre 2009
Alexandre Cadieux
Le Devoir
Selon Tony Nardi, il y a quelque chose de pourri au royaume du théâtre en ce pays. Devant l'ignorance crasse de certains critiques et la complaisance d'un milieu souvent plus motivé par la protection de ses acquis et l'obtention de prix prestigieux que par la création artistique et la rencontre d'un public, l'acteur canadien d'origine calabraise a pris la plume, tel Martin Luther devant les vendeurs d'indulgences. Plutôt que de donner à lire ses pamphlets sur la place publique, Nardi les livre en personne, seul devant l'écran de son ordinateur portable, avec un souffle et une énergie qui rivent au fauteuil.
L'acteur trilingue, qui a notamment joué au grand écran sous la direction d'Atom Egoyan, de Paul Tana et d'André Forcier, a également exercé son métier sur de nombreuses scènes canadiennes, d'un océan à l'autre. Sa série de performances Two Letters... and Counting!, amorcée en 2006, représente la somme de ses réflexions sur un milieu qu'il juge malade, trop souvent vidé de sa substance et miné par les guéguerres souterraines. Cette seconde missive, que Nardi présente en anglais (avec surtitres) jusqu'à samedi à l'Espace libre, fut d'abord une réponse aux articles de deux critiques torontois qui, écrivant sur une production locale d'une pièce de Goldoni, descendirent les acteurs en flammes tout en faisant l'étalage de leur manque profond de connaissances sur la commedia dell'arte.
Le propos de la production va bien au-delà du théâtre: le comédien dénonce avec l'énergie du désespoir tout consensus paralysant qui masque une situation que nul n'ose dénoncer, par paresse ou par crainte de représailles. Les insatisfactions et doutes fondés ne viennent pas nourrir les échanges, mais plutôt les messes basses, les petites condamnations privées, le silence gêné.
Le coup de gueule de Nardi, splendide verbomoteur à la présence scénique remarquable, peut rappeler les tentatives récentes des dramaturges Évelyne de la Chenelière et Olivier Choinière de susciter un tel débat dans l'espace public, par un article pour l'une et par une lettre ouverte pour l'autre. Deux essais courageux qui ont récolté de nombreux mais discrets hochements de tête approbateurs, mais un maigre nombre de réponses articulées.
Nardi, armé de ses outils de comédien que sont sa voix et son corps ainsi que d'un acerbe sens de l'humour, provoque la réflexion et l'envie de partager les fruits de cette dernière; n'est-ce pas ce qu'on est en droit d'espérer du meilleur théâtre?
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Letter two / Lettre n° 2
Texte et interprétation: Tony Nardi. Une production présentée par Espace libre jusqu'au 5 septembre.
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