by Tony Nardi


LETTER ONE

(Film Version in English)

at LES RENDEZ-VOUS DU CINEMA QUÉBÉCOIS

February 20, 2011 at 14:30 (2:30PM) at the ONF/NFB Cinema

Screening will be followed by a debate/panel with Tony Nardi, Raymond Cloutier, Denis Chouinard and David Gow, moderated by Denys Desjardins.

 

 

Tony Nardi frappe encore
Parathéâtre
Par: Philippe Couture

20 juin 2010, 12:39

Il ne fallait pas s'attendre à ce que le comédien torontois Tony Nardi vienne présenter à Montréal sa Letter Three sans porter une attention particulière au discours critique qui l'a suivi. Sans surprise, j'ai reçu cette semaine une longue lettre dans laquelle il s'attaque au critique du Globe & Mail Kelly Nestruck, se désolant que Nestruck ait volontairement ignoré une grande partie du contenu de sa Letter Three et qu'il n'ait pas vu la théâtralité et l'utilité de la violence verbale dans sa performance.

Je me dois de revenir sur cette nouvelle charge de Nardi, entre autres parce qu'il met la parole de Nestruck en opposition avec la mienne pour montrer le fossé culturel qui sépare le Canada anglais du Québec francophone. La différence est minime, toute relative, mais Nardi observe que la capacité de l'artiste et du critique québécois à admettre ses propres faiblesses lui donne une force supplémentaire. Autrement dit, la culture québécoise est sur la bonne voie lorsqu'elle se montre consciente de sa complaisance, de son asservissement culturel, de son manque de rigueur et des incohérences de ses mécanismes de financement (tous des enjeux abordés dans les lettres de Nardi). Certes. Mais, rappelons que ceux qui parlent publiquement et franchement de ces choses-là dans le milieu théâtral se comptent sur les doigts d'une main.

Je dois dire d'emblée que j'entretiens de très bons rapports avec Kelly Nestruck et que j'ignore si l'opposition que  Nardi crée entre nous deux est valable. Je ne lis pas systématiquement les textes de Nestruck, bien que certains de ses papiers sur la scène théâtrale de Chicago m'aient beaucoup intéressé cette année, et je n'oserais pas me prononcer sur la valeur de sa parole critique, n'ayant pas vu la majorité des spectacles qu'il commente. Chaque fois que nous nous sommes rencontrés, j'ai apprécié nos discussions.

Ce que j'aime du combat de Tony Nardi, entre autres, c'est qu'il ne craint pas de remettre en question la parole d'un critique. Vous me direz que je suis en bonne position pour tenir un tel discours; ses foudres m'ont toujours épargné jusqu'à maintenant. Certes. Mais je crois fermement que le théâtre est un lieu de débat, et que la critique devrait l'être aussi. Nardi me donne raison en osant revenir sur les critiques de sa performance montréalaise.

Je vous laisserai lire par vous-mêmes sa nouvelle lettre, mais j'y trouve certaines idées dignes de mention. Par exemple, Nardi avance que si les critiques rédigéaient leurs textes après que les spectacles aient quitté l'affiche, on serait débarassés de l'enflure stylistique et du pouvoir que le critique se donne par là sur le succès public de la pièce. Cela forcerait les critiques à parler davantage du contenu et à pousser l'analyse un peu plus loin. Belle manière de dire que les critiques sont contaminés par le ton promotionnel qu'on voudrait bien leur imposer et qu'ils deviennent de plus en plus adeptes de la phrase creuse, qu'elle soit enthousiaste ou non. Ce n'est pas complètement faux. Nardi dit aussi que «l'incapacité de Nestruck à distinguer la réalité de la métaphore est liée au fait que les Canadiens Anglais ont du mal avec les métaphores, les paradoxes et n'arrivent qu'à comprendre le premier niveau.» C'est dit un peu crûment, mais je serais très intéressé à lire un approfondissement de cette pensée-là.

Là où je n'adhère pas à la démarche de Nardi, c'est lorsqu'il cherche une contradiction dans le fait que Nestruck ne tolère pas la violence verbale au théâtre mais qu'il s'en délecterait dans des séries télé comme The Sopranos. Pour affirmer une telle chose, Nardi se fie au profil facebook de Kelly Nestruck. Disons que l'argument aurait été plus percutant si Nardi avait trouvé un exemple dans la véritable parole critique de Nestruck. Peut-on vraiment remettre en doute le travail d'un critique en glanant furtivement des informations personnelles sur lui sur son profil Facebook ? Ça me semble un peu malhonnête, et très peu convaincant.

Bon, voilà, je vous laisse lire le texte de Tony Nardi. Mais jetez d'abord un œil à la critique de Kelly Nestruck en cliquant ici.



 




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